So far ago… from ‘Frisco

De retour de San Francisco où je fus invité à la conférence JavaOne 2008, j’éprouve encore un peu le décalage horaire (8 heures quand même). Déjà un bon moment pour un développeur Java (des dizaines de sessions sur les sujets les plus divers, des puces de détection à la 3D sur téléphone portables, en passant par la cartographie martienne, mais bien sûr aussi des produits — WorldWind, GlassFish, OpenSolaris… — des APIs — OSGi, WebBeans, DarkStar, etc. — et diverses sessions plus générales), ce fut un événement plus important encore pour moi qui devait y présenter Stellarium for Java avec mon co-développeur, Frederic Simon. Le résultat a dépassé nos espérances. Mais au fait, ça ressemble à quoi une semaine de “speaker” à JavaOne ?

Article initialement posté le 13 mai 2008

Dimanche

12:30 (heure locale) : Après 10 longues heures de vol, l’avion s’apprête à descendre sur un San Francisco enfoui dans la brume mais l’aéroport nous refuse l’atterrissage : trop de traffic, par trop peu de visibilité. Nous sommes re-routés vers Oakland, où nous refaisons le plein finalement arriver à bon port, quelques heures plus tard. A la douane, je me trouve derrière 3 jeunes français qui viennent assister à la conférence. Apparemment il y en a beaucoup d’autres. Un saut à l’hôtel, et je m’efforce de garder les yeux ouverts pour aller vite m’enregistrer au Moscone Center, à 2 blocs de là. J’arrive au guichet sans queue des “speakers”. Une lecture optique du barcode reçu dans un mail et me voilà enregistré, avec pass pour toutes les aspects de la conférence (Community One, les sessions JavaOne et son pavillon d’exposants) et un premier passage obligé pour aller chercher mon matériel : un sac comprenant diverses livrets et goodies, puis un autre petit cadeau bonus en arrivant dans la salle des speakers. Je confirme la date de ma session, ainsi que celles de ma répétition technique (video-projecteur, micros, etc.) et de speaker coaching (aide à la répétition de la présentation). Une fois tout ce travail d’enregistrement terminé, j’erre dans les lieux encore presque vides (la conférence ne commence que demain) histoire de les découvrir, et de s’y repérer (un grand nombre de salles tout de même, sur 2 bâtiments traversés par une Howard Street et 3 niveaux). Une ambiance “fun” à l’américaine, d’innombrables stations en libre services, du merchandising, un programme riche, bref, un avant-goût de ce qui ressemble bien à un petit paradis pour développeur Java. Dans la soirée Fred, mon co-développeur sur S4J, arrive et nous dînons dans un restau japonais de 5th Street.

Lundi

Le 1er jour de JavaOne n’est que demain. Aujourd’hui c’est Community One, la journée libre et gratuite dédiée à la communauté OpenSource autour de Java. A 12:30, pendant que d’autres profitent du déjeuner gratuit, commence une session de “Présentations Eclair” (Lightning Talks, ci-contre) organisées par Atlassian. S’enchaînent une demi-douzaine de présentations de 4'30" maximum (quitte à être presque coupé) se focalisant sur l’essentiel. Nous y avons été invité à faire une démo de de S4J, après que Fred l’ai présenté à Java Posse en mars. Quelques très bonnes démos s’enchaînent, à chaque fois avec beaucoup d’humour — certaines dignes des meilleurs stand-up, comme “You suck at Webapps”, par l’auteur de Totally Gridbag — et puis vient notre tour. Fred, plus habile en anglais, s’attelle à jouer le scénario que nous répété et chronométré une heure plus tôt (5'18"). Tout se déroule bien, et l’on entend des “oh” et des “ah” dans la salle. Bon applaudissements, bon signe.

Mardi

1er Jour de JavaOne. La session générale d’ouverture (ci-contre) est vraiment cool. Mais c’est aussi le jour de notre répétition technique. A 12:30, pendant que tout le monde déjeune, on nous fait monter sur la scène où nous serons le lendemain, tester le défilement des slides, les micros, les démos. Quelques personnes présentes dans la salle à ce moment-là semblent ébahies, confirmant la bonne impression de la veille. Nous partons ensuite en “Speaker Coaching” histoire de corriger nos maladresses de présentation. Je passe un moment sur un stand (je découvre que ce mot déjà anglais se dit en fait booth) de technologies mobiles pour savoir si et comment S4J pourrait bénéficier des technologies de GPS (pour montrer le ciel là où vous êtes) et d’accéléromètres (pour afficher le ciel selon vos mouvements, un peu comme les manettes de la Wii si vous voulez).

Mercredi

C’est le jour J. La salle est pleine, peut-être grâce à un bouche-à-oreilles suite aux jours précédents. Avant même de commencer, Fred me signale un gars de la NASA dans la salle qui vient de lui parler. Il est intéressé par S4J. J’entame la présentation avec un anglais approximatif, mais qui semble de pas poser problème. Les gens restent tout du long, intéressés par les slides mais aussi et probablement surtout les démos qui les ponctuent. A la fin des applaudissements nourris, quelques questions, et des propositions de collaboration : un gars de Sun arrive, le spec lead de JOGL lui-même. Il nous félicite et nous présente des gens de WorldWind for Java (NASA), avec qui nous pourrions collaborer.

Jeudi

Le plus stressant est passé. Encore des sessions à voir mais, ne le cachons pas, d’autres choses me tarabustent, autrement plus importantes : 1) me faire photographier avec Duke 2) Aller faire un tour sur les stands de Google, DataDirect, JetBrains 2) Récupérer mon tee-shirt personnalisé 3) Acheter quelques goodies et bien sûr 4) chercher si des blogs publient déjà des réactions suite à la présentation de S4J. Nous ne sommes pas déçus :

  • Frank Coyle sur InformIT : J’ai vu une démo VRAIMENT cool — choisissez un endroit sur terre et vous voyez les étoiles qui sont au-dessus de vous dans le ciel — le jour et la nuit, avec les annotations sur les objets célestes.
  • sur gtablue : un programme cool semblable à un planetarium écrit en Java.
  • Wouter van Reeven sur AMIS : LA MEILLEURE ET PLUS COOL demo que j’aie jamais vue : Le plus gros hobby dans ma vie est l’astronomie. Et ça depuis longtemps et j’ai même un diplôme en la matière. Voyant que la science n’était pas aussi marrante que le hobby, j’ai poursuivi une carrière dans l’ICT. Mon collègue Lucas me dit qu’il devait y avoir une présentation sur le portage d’un programme de planetarium nommé Stellarium de C++ en Java en utilisant l’OpenGL de Java, ou JOGL. Donnant une vraiment bonne vue d’ensemble des problèmes que vous avez lorsque vous essayez de porter une application de C++ en Java, les démos étaient simplement hallucinantes ! Si vous avez du temps, regardez Stellarium for Java. Il tourne rapidement et de manière fluide, du moins sur des ordinateurs modernes. A un moment Jérôme Beau et Frédéric Simon ont montré une carte des étoiles puis on ouvert la carte de sélection du lieu d’observation. En laissant pressé le bouton gauche de la souris et en passant le pointeur de souris sur toute la terre, la carte des étoiles en fond était re-dessinée presque instantanément. Une autre fonctionnalité plutôt cool était le fondu avant et arrière des lignes de constellation, de la grille azimutale et équatoriale, etc etc. Ces gars ont vraiment fait un sacré bon boulot avec cette application. Après la présentation je leur ai donné mes cartes et leur ai demandé de me contacter. Ils sont à la recherche d’astronomes et/ou de codeurs Java donc si vous le voulez, allez-y et aidez-les.

Vendredi

Le matin, nous découvrons tous un mail d’alerte nous indiquant qu’un “norovirus”, une “grippe d’estomac” (une gastro quoi) a touché une centaine de participants à la Conférence. La situation n’est cependant pas suffisamment grave pour annuler ce dernier jour, on nous conseille juste de faire attention à l’hygiène. En session générale de cloture, une bel hommage à John Gage, un mec aussi brillant que cool qui a permis de mener Java où il est aujourd’hui.

Samedi

En dehors de JavaOne mais toujours près de San Francisco, une conférence sur un nouveau langage en partie fonctionnel : Scala. Basé sur Java 1.4, certains disent qu’il pourrait peut-être un jour le remplacer…

Dimanche

Je prends l’avion de retour à 15:30 heure locale, pour arriver à Paris à 11:30. Wow, encore une journée de 36 h à tenir…

Software engineer for three decades, I would like to share my memory.

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